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LA VRAIE
VIE DE SEBASTIAN KNIGHT |
NABOKOV, V. |
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COSMOS |
GOMBROWICZ, W. |
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DEMAIN,
DANS LA BATAILLE, PENSE A MOI |
MARIAS, J. |
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MANSFIELD
PARK |
AUSTEN, J. |
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FRERES
ET SOEURS |
COMPTEN-BURNETT,
I. |
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LA DAME
DU LAC |
CHANDLER, R. |
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LA GRIMACE |
BOLL, H. |
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LE PLAN
DECHIQUETE |
KOBO ABE |
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LE RENONCEMENT |
VILAIN, Ph. |
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MAUVAISES
NOUVELLES |
TREVOR, W. |
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TRISTESSE
ET BEAUTE |
KAWABATA, Y. |
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LA
VRAIE VIE DE SEBASTIAN KNIGHT
de NABOKOV, V.
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| Roman
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| : Résumé
: |
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Auteur
: Nabokov, Vladimir (1899-1977)
Année de publication :1941
Edition :SEUIL (-Point roman)
Résumé :
Sebastian est né en 1899, à St Pétersbourg,
de père russe et de mère anglaise : il est resté
très attaché à cette mère, Virginia,
qu'il a à peine connue : elle est partie tôt avec
un amant. Devenu adulte et écrivain, il adopte son nom
de jeune fille , Knight, un nom qui signifie " chevalier
", et il écrit en anglais. Son père était
mort pour elle, en duel.
Après la mort, en 1936, de Sebastian, son demi-frère,
narrateur de l'histoire, veut écrire sa biographie. D'abord
pour le réhabiliter, car Sebastian, après un certain
succès, est à présent considéré
comme un écrivain obscur, pratiquant une écriture
trop expérimentale, et d'autre part individualiste, narcissique,
étranger à son époque.
Le narrateur, en outre , a toujours été attiré
par Sebastian et lui voue une forte admiration depuis l'enfance.
Or, Sébastian, de six ans son aîné, "
trop jeune pour être un guide, trop âgé pour
que s'établisse une complicité, n'a jamais voulu
communiquer avec lui. A la fin de sa vie, pourtant, il lui a
enfin écrit une lettre dans laquelle il réclamait
sa présence. Sans le dire, il était mourant, et
son demi-frère restait sa seule famille. Mais le narrateur
a également manqué cet ultime rendez-vous : il
veillait un autre mourant sans le savoir !
Pour en savoir davantage sur Sébastian, le narrateur
s'inspire de ses ouvrages, l'un d'eux, " Objets trouvés
" , contient beaucoup d'éléments biographiques.
Il contacte les proches du défunt : Mr Goodmann, son
dernier secrétaire, qui écrivit sur lui une biographie
ironique, Clare Bishop, la compagne essentielle de Sebastian
pendant six ans , ne veut pas le rencontrer et décède
peu après . Un poète, Sheldon, une amie de Clare,
Mlle Pratt lui donnent de quoi recomposer certaines scènes.
Un ami de collège, Rosanov, lui parle de sa jeunesse
russe et d'une. mystérieuse jeune femme que Sebastian
rencontra en Alsace. Il se fait aider d'un détective.
Le narrateur s'est-il réellement approché de Sebastian
? Une série de portraits négatifs mais intéressants,
et quelques séquences reconstituées sont un maigre
butin. Le narrateur est obligé de compléter subjectivement
le portrait, s'exprime en son propre nom, et s'éloigne
de son modèle tout en sentant s'être glissé
dans sa peau.
Commentaires :
Le livre explore les relations de l'écrivain et de son
personnage. Sebastian est devenu un personnage de fiction pour
son biographe.
Sebastian veut être anglais comme sa mère qui lui
a manqué., écrit en anglais et redevient russe
dans les dernières années de sa courte vie. Nabokov
écrit là son premier roman en anglais. Avons-nous
le Nabokov russe qui se penche sur l'exilé anglophone
? Le narrateur recherche très systématiquement
ce qui reste de russe chez Sebastian.
Expérimentations : " Sebastian a présenté
dans son premier livre les différentes manières
de composition à travers des personnages
Dans le
second, il explore l'idée du destin, les procédés
utilisés pour le rendre ".
Solitude de l'intellectuel :
Sebastian est incompris des critiques et écrivains frivoles
de son époque, qui le jugent obscur, ne saisissant même
pas la parodie, et ignorant la lecture au second degré
qu'on doit pratiquer dans son cas. Ils manquent singulièrement
de culture : Mr Goodmann ne reconnaît même pas une
parodie simple de Hamlet dans une nouvelle de Sebastian.
Fausse autobiographie :
Nabokov a mélangé des détails connus de
son histoire personnelle avec d'autres qui en diffèrent
complètement pour tirer le portrait de Sébastian.
En comtemplant le portrait de Sebastian, "en tant que Narcisse
se reflétant dans l'eau ", éxécuté
par un bon peintre qui ne le connut que très peu, le
narrateur médite : " Je ne sais quel fut son secret
à lui, mais j'ai moi aussi appris un secret à
savoir : que l'âme n'est qu'une manière d'être,
non un état constant, que toute âme peut être
vôtre, si vous découvrez et suivez son ondoiement.
L'au-delà , ce n'est peut-être que la pleine aptitude
à vivre consciemment en toute âme choisie, en autant
d'âmes que l'on veut, toutes inconscientes de ce qu'elles
portent d'interchangeables. Et donc, je suis Sebastian Knight
je ne puis sortir de mon rôle : le masque de Sebastian
a épousé la forme de mon visage
Je suis Sebastian,
ou Sebastian est moi, ou peut-être sommes-nous , lui et
moi, un autre que personne ne connaît ". |
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les titres |
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COSMOS
de GOMBROWICZ , W.
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Roman |
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Auteur
: GOMBROWICZ , Witold ( 1904-1969), polonais.
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Année de publication :1965.
Edition :Gallimard-Folio, 1972 .
Résumé :
Le narrateur, étudiant, et son ami Fuchs qui appréhende
de reprendre son travail dans un bureau d'étude, ont
encore deux semaines de vacances devant eux. Arrivés
dans un village, cherchant une pension de famille, ils aperçoivent
dans les fourrés un moineau pendu à hauteur d'homme.
Inquiets et curieux, ils prennent pension dans la maison d'en
face et commencent à observer le comportement des logeurs
:
Le maître de maison, Léon parle un curieux langage
fait de néologismes, fabrique des boulettes de pain qu'il
sale et observe à la loupe pendant les repas. Sa femme
s'appelle Bouboule. La servante Catherette a un morceau de la
lèvre inférieure un peu de travers, suite à
un accident : ce morceau de chair semble pendre .Léna
, la fille de la maison, est fort avenante mais mariée
à un architecte qui parle vraiment très peu.
Bientôt , toutes sorte de signes indiquent aux garçons
la route vers l'étrangleur de moineaux .Une ligne au
plafond qui forme une flèche, un bout de bois dans le
jardin pendu au bout d'une corde, un timon dans une cabane qui
désigne la chambre de Catherette
dans laquelle
il n'est pas normal de trouver un clou enfoncé dans le
mur, très bas, et encore moins une aiguille et une lime
plantées dans la table
d'autres anomalies se précisent
: Bouboule tape de toutes ses forces avec une pioche dans une
souche , la nuit .des bruits violents se produisent , chez Léna
et son époux, qui cessent dès que le narrateur
frappe à leur porte.
Venu les épier par leur fenêtre éclairée,
du haut d'un sapin, il voit Léna se déshabiller,
pendant que son mari regarde fixement une théière,
puis éteint la lumière.
De rage, le narrateur en étrangle le chat de Léna
et le pend. Le lendemain de cette nuit funeste, tout le monde
cherche le coupable
on se demande si la famille est vraiment
anormale, ou si Fuchs, et le narrateur, ne sont pas en train
de délirer, tant de petits faits ayant pour eux commencé
à prendre une sorte de signification. Alors, Léon
décide une excursion commune dans la montagne pour se
changer les idées
Commentaires :
Cosmos:
V vouloir mettre de l'ordre dans le chaos ou révéler
le chaos sous l'ordre apparent ?
A partir du fait étrange de ce moineau pendu, les garçons
cherchent à mettre au jour la faille en se repérant
dans un dédale de signes et de petits faits qui les
obsèdent. C'est un regard d'enfant qui le plus souvent,
préside à leurs découvertes. Qui d'autre
qu'un enfant observe avec intensité un enchevêtrement
de lignes et de craquellement dans le plâtre, de taches
brunâtres dans l'angle d'un plafond par ailleurs blanc,
et y voit une carte géographique, avec des indices
? Et qui d'autre qu'un enfant, verrait dans une sorte de ligne
zigzagante à un autre plafond
.une flèche
? Qui repère les petits défauts physiques (
un bout de chair de travers), en est choqué et fasciné
à la fois , nous les rend obscènes ? Et qui
s'intéresserait encore aux manies langagières
et autres du maître de maison ?
Retourné à ces indices de chaos originel, plus
vrais que la réalité apparente, les protagonistes
jouent sérieusement à détraquer encore
plus la réalité : d'abord, dans le langage qui
s'affole au point de perdre les notions élémentaires
de syntaxe ( c'est Léon qui a donné l'exemple),
en diverses occasions. Puis de trouver la solution de l'énigme
: qui a tué le moineau et donc fera pire ? Peut-on
provoquer la catastrophe ou la précipiter ?
Mais il n'y a peut-être qu'une autre façon de
voir ? Et si les protagonistes de la maison ne livraient que
des indices de folie et étaient loin de céder
à la catastrophe que leurs attitudes suggèrent
?
Quelque chose dans l'utilisation d'un lexique concret et obscène,
dans le ton , les rythmes, fait penser à plus d'un
texte de Rimbaud en vers ou en prose.
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| Résumé |
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DEMAIN,
DANS LA BATAILLE, PENSE A MOI de MARIAS,
J.
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Roman |
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Auteur :Marias, Javier.(
Né en 1951.)Espagnol
Année de publication :1994
Edition : Trad. 1996 , Rivages.
Résumé :
Un soir, à Madrid, rue Conde
de la Cimera,un appartement bourgeois. Marta Tellez, jeune
femme de trente ans a invité le narrateur à
dîner. Il espère qu'il s'agit d'un rendez-vous
galant. Lorsque le mari de Marta, Eduardo Dean, téléphone
de Londres et s'enquiert de sa femme et de son fils Eugenio,
deux ans, elle n'évoque pas son invité.
Après avoir persuadé Eugenio d'aller dormir,,
le couple commence à s'occuper d'eux-même .Marta
est prise d'un malaise soudain. Elle meurt dans les bras du
narrateur, au bout de soixante-dix pages qui n'auront été,
pense-t-il que quelques minutes.
Le narrateur ne veut pas compromettre Marta ( Il est déjà
temps de dire " sa mémoire "), appeler son
mari car elle n'aurait pas voulu . " Il me tuerait "
avait-elle dit. Il ne peut emmener l'enfant, ni le laisser,
ni appeler la famille. Ni rester. En partant, il laisse de
la nourriture à Eugenio sur la table de la cuisine,
et deux téléviseurs allumés avec deux
films différents, et le son très bas. Il a rhabillé
Marta et l'a couchée sous une couverture .Il emporte
tous les enregistrements récents du répondeur
téléphonique ;
Le répondeur lui apprend qu'elle avait un amant qui
ne pouvait venir ce soir-là : lui est le remplaçant
du remplaçant du mari. Aurait dû l'être.
Dans la vie, il est " nègre " de " nègre
", écrivant des scénarios et des discours
pour le compte d'un certain Ruiberriz, , censé se charger
de ce travail qui les revend à une personnalité
censée les avoir écrites elle-même.
Aux funérailles de Marta, , caché derrière
un bosquet, il repère les membres de la famille, le
vieux Tellez,Luisa, la sur de Marta,, Eduardo, le mari.
Ce dernier est déterminé à retrouver
le visiteur de Marta, qui a dû laisser des traces sur
son passage. Le narrateur se fait connaître , anonymement,
se faisant passer pour Ruiberriz. Le vieux Tellez lui donne
du travail d'écriture pour un individu désigné
par l'expression " Only you ", grand magnat de l'édition
.
Au bout d'un mois, il connaît un peu la famille : Luisa
semble avoir deviné que c'était " lui ".
Un jour, il est mis en présence d'Eugenio, qui le nomme
: Itor. Par la suite, le narrateur donne son nom aux lecteurs
ainsi qu'aux Tellez : Victor Francès. Il arrive à
discuter avec Luisa, et attend le rendez-vous avec Eduardo
son presque-rival qui a quelque-chose à lui raconter
depuis le début.
Commentaires :
Le titre est tiré de la pièce
de Shakespeare Richard III ; à l'aube de la bataille,
il s'entend interpeller par les spectres de ses victimes :
" Demain, dans la bataille, pense à moi ! Et que
tombe ton épée émoussée ! Désespère
et meurs ! ". ce n'est qu'au dévoilement final,
à la rencontre avec Eduardo que le message prend son
sens.
Le texte tout entier est rapporté par le narrateur,
ses pensées, comme ce qu'il voit et les discours qu'il
adresse aux autres, ainsi que les paroles qu'on lui adresse,
et les pensées qu'il prête aux autres. Il utilise
pour cela , assez souvent le discours direct et le monologue
souvent mis entre parenthèse. L'ensemble a parfois
l'air d'une sorte de cacophonie. Le rythme se ralentit et
s'accélère sans transition , au gré de
ses pensées et réactions. Il se dit " haunted
" par la situation créée. A Madrid,où
il se trouve, il pleut tout le temps, et c'est l'hiver : on
se croirait à Londres, où se trouve Eduardo
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Résumé
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MANSFIELD
PARK de AUSTEN, J.
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Auteur
:Austen Jane ( 1775-1817). Anglaise.
Personnages : Fanny Price et son cousin Edmond, les deux principaux
protagonistes. Mary Crawford et son frère Henry, les
perturbateurs. Sir Thomas et Lady Bertram, les parents. Mrs
Norris, la vieille tante avare. Julia et Maria, surs d'Edmond.
Susan, cousine de Fanny.
Année de publication :1815
Edition : 10/18 .
Résumé :
Trois surs, Lady Bertram, ,Mrs
Norris et Mrs Price ont épousé la première
un Lord, la deuxième un bourgeois, la troisième
un matelot alcoolique .Mrs Norris n'a pas d'enfant et veut
être charitable pour se prouver qu'elle est bonne. Elle
fait venir de Portsmouth, sa nièce défaforisée
F anny Price âgée de dix ans. pour l'élever
chez elle à Mansfield Park., propriété
familiale commune. Mais la fillette devra habiter chez les
Bertram ; et à leurs frais, Mrs Norris étant
trop avare pour la prendre. Effrayée dans sa nouvelle
demeure, tolérée davantage qu'aimée,
la timide et honnête orpheline à l'on confie
trop souvent des tâches ménagères, trouve
un allié et un confident dans la personne de son cousin
Edmond, seize ans. Un tendre sentiment les unit qu'ils ne
s'avouent pas. Quelques années plus tard, au presbytère
des Grant, autres résidents de Mansfield Park, arrivent
de Londres, Mary Crawford et son frère Henry. Edmond
s'éprend de Mary , mais, cette jeune femme un peu frivole
va-t-elle vouloir d'un pasteur pour époux ? Henry tente
sa chance auprès de toutes les filles de Sir Thomas
Bertram, et fait une cour assidue à Fanny, qui vient
d'avoir dix-huit ans et va faire son entrée dans le
monde. Mais Fanny , que son oncle voudrait bien marier, va-t-elle
vouloir d'un époux séducteur, malgré
sa fortune et son beau parler ?
Commentaires :
Fanny Price : un nom qui n'est pas
choisi au hasard. Ses cousines qui sont censées valoir
bien davantage ne font que se vendre au plus offrant, mais
à des personnages médiocres. Fanny, qui paraît
l'humilité même, et qui, à la vérité
se sent redevable de la faveur qu'on lui a faite de l'éloigner
de son milieu social défavorisé, ne peut que
désirer la richesse spirituelle. Et cependant, pour
être retournée à Porthsmouth, huit ans
après avoir été adoptée par sir
Thomas, son oncle, elle se rend compte que l'argent est nécessaire
à faire valoir une personne qui a du prix .
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| Roman |
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| Résumé |
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FRERES
ET SOEURS de COMPTEN-BURNETT, I.
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Roman |
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Auteur :COMPTON-BURNETT
, Ivy (1892-1969), anglaise.
Année de publication :1929
Edition : Gallimard ( L'Imaginaire).
Résumé :
Andrew Stace, gentleman farmer qui
va bientôt mourir laisse son domaine à Christian
son fils adoptif et une rente à Sophie , sa fille.
Les deux jeunes gens , qui ont toujours vécu ensemble,
font connaître leur intention de se marier. Il s'oppose
à cette union, puis renonce et laisse seulement une
lettre dans son secrétaire " à ouvrir après
ma mort par Christian ". le mariage a lieu , puis les
obsèques du maître des lieux, mais personne n'ouvre
le secrétaire.
Vingt-sept ans plus tard, on va fêter les vingt-cinq
ans d'Andrew, premier -né de cette union. Lui, Dinah
sa sur , vingt-quatre ans, et Robin , le petit dernier,
vingt-deux ans ans, sont traités comme des enfants
;. Robin a toutefois le droit de gagner sa vie à Londres
.
Christian, médecin surmené, connaît peu
ses enfants qui vivent sous l'emprise de Sophie, dans leur
ancienne nursery, rebaptisée " studio ".
Pour se divertir, on reçoit quelques voisins:
:Le cousin Peter, bavard, et pique-assiette, sa fille, la
pauvre Tylla, , qui tient le ménage du vieux despote,
et s'occupe de son jeune frère Latimer, légèrement
débile.
Un autre couple de frère et sur de l'âge
des Stace Jullian et Sarah, qui vivent modestement et font
semblant d'avoir de l'argent. Jullian se préoccupe
d'une chose qu'il énonce plaisamment ainsi : "
Comment faire pour que mon absence ou ma présence représente
un vide non négligeable pour moi comme pour les autres
? "
Un quatrième couple de frère et sur, Edward,
pasteur, et Judith, qui vivent dans une certaine gêne
sans le cacher.
Toutes les jeunes femmes précitées voudraient
plus ou moins épouser Andrew, et les jeunes gens Dinah.
Mais , au vrai, ils préfèrent rester comme ils
sont, car l'inceste, pratiqué ou non, reste plus fort
que l'attirance pour un partenaire qui ne soit pas de la famille.
Personne chez les Stace n'a jamais ouvert le secrétaire
ni lu la lettre adressée à Christian. Le secret
du vieux Stace semble trop facile à deviner pour qu'on
mette les choses au point.
Un couple de frère et sur français , Gilbert
et Caroline, et leur mère Mrs Lang, qui viennent de
s'installer va précipiter les événements
et obliger les Stace à ouvrir le secrétaire
et à lire la lettre avec un étonnement , qui
pour n'être pas tout à fait sincère, va
déstabiliser l'équilibre familial.
Commentaires :
la technique narrative est celle des
dialogues et du discours indirect libre, avec peu de descriptions
;. C'est sur le ton le plus ordinaire que les personnages
se disent les pires méchancetés, et avec beaucoup
d'emphase qu'ils se communiquent des choses de peu d'importance
.L'absence de chagrin réel de Sophie qu'elle transforme
en deuil exubérant finit pourtant par la perdre. Peter,
Tylla , et Latimer forment un trio comique, et Tylla se venge
d'être coincée entre père grincheux et
tyrannique et frère demeuré, en devenant l'une
des plus belles langues de vipère de la littérature.
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LA
DAME DU LAC de CHANDLER, R.
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Roman
Noir |
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Auteur
: CHANDLER Raymond ( 1888-1959) Américain.
Année de publication : 1943
Edition : Gallimard- Folio , 1995.
Résumé :
Marlowe est employé par Derace
Kingsley, riche propriétaire d'une usine de parfum
à Los Angeles. L'épouse de ce monsieur, Crystal,
est absente depuis plusieurs mois, et il craint qu'elle n'aie
épousé un gigolo , Chris Lavery, et passé
la frontière mexicaine. Pour divorcer et se remarier,
il faut qu'il la retrouve : elle a un compte en banque bien
garni.
Marlowe constate que le gigolo de Crystal s'est fait tuer
et il se rend à Puma Point, un beau chalet dans la
montagne, où résidait la disparue. Le gardien,
Bill Chass lui apprend que sa femme à lui, Muriel,
s'est aiussi volatilisée le même jour que l'autre,
le 12 juin , un mois plus tôt. Les deux hommes vont
boire un petit jus près du lac, particulièrement
beau mais il ne faut pas y regarder de trop près
Commentaires :
Il y a bien une sorte de dame dans
le roman, mais c'est Mlle Adrienne Frommsett, la maîtresse
de Kingsley, à peu près honnête, distinguée,
belle, une rareté chez Chandler.
On sait que Lancelot reçut d'une dame , la fée
Ninienne, un anneau d'or pour se protéger des maléfices
et les déjouer. Mais dans le lac à Puma Point,
se trouve une femme soumise aux lois de la décomposition,
une vraie mortelle, qui fait penser à deux femmes différentes(
et on ne peut se prononcer), bien peu dames par ailleurs.
Tout de même Marlowe découvre un petit cur
en or ayant appartenu à la mauvaise femme du lac, et
qui lui apprend son identité, le mettant définitivement
sur la piste. Et cette troisième femme est encore pire
que les deux premières .Pauvre chevalier ! On se rappelle
que dans " Le Grand sommeil " déjà,
Marlowe était coincé entre Vivian et Carmen,
tout un programme littéraire autant que policier.
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Roman |
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Auteur
:Böll, Heinrich (1917-) Allemand.
Année de publication :1963
Edition : SEUIL , Point-roman.
Résumé :
Fils d'un magnat de l'industrie, Hans
Schnier, 20ans, s'est fait clown pour se révolter contre
son milieu, et le tourner en dérision. Il vit avec
Marie qui est catholique. Les représentants de son
groupe socio-culturel manifestent leur hostilité à
son égard et commencent à l'exclure. Elle décide
de quitter Hans pour Küpfner, premier dignitaire de l'église
catholique allemande.
A Bonn, Hans, qui ne veut pas d'une autre femme, la cherche.
Il s'est blessé au genou, s'alcoolise dans sa chambre
d'hôtel , téléphone à tous ceux
qui ont connu Marie ? Ne recueillant qu'hostilité,
pitié ou mépris. Grimé, il s'installe
sur le quai de la gare : c'est pour croiser Marie qui rentre
de voyage de noces.
Commentaires :
Le roman est un long monologue et un
mono-dialogue :téléphonique.Hans se souvient
de l'époque nazie , de l'engagement de ses parents
au troisième Reich, du sacrifice de sa sur Henrietta,
vendue à la DCA allemande en 1945. En même temps
qu'il évoque le passé, il fustige les industriels,
pour qui seul le point de vue économique compte, Adenauer,
les catholiques sclérosés par l'amour et la
miséricorde, et le protestants avec leurs problèmes
de conscience. Sa vision du mariage et des rôles homme-femme,
reste traditionnelle.
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| Résumé |
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LE
PLAN DECHIQUETE de KOBO ABE
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Roman |
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Auteur
: Kobo, Abe (1924-93), japonais.
Année de publication : 1967
Edition :Stock ( Bibliothèque cosmopolite), 1993.
Résumé :
Un détective d'une agence privée
à Tokyo (jamais nommée) est chargée de
retrouver un certain Nemuro, disparu depuis six mois, dont
la fiche signalétique nous est fournie en exergue du
roman : 34 ans, chef de division aux entreprises Dainen, vendeur.
Le narrateur-détective s'aperçoit vite que la
personnalité du disparu est difficile à déterminer
à cause de sa famille. Nemuro Haru , toujours porteuse
d'un discours sibyllin, affirme que le seul indice est une
pochette d'allumettes venant d'un bar où l'on semble
recruter des chauffeurs de taxis " au noir ". Mais
pourquoi Nemuro serait-il devenu chauffeur ?
Le détective rencontre aussi le supposé beau-frère
de Nemuro, dont il va découvrir qu'il est proxénète
;et fait sans doute travailler sa sur. Un jeune homme
de l'entreprise Dainen, Tashiro, que Nemuro devait voir avant
de s'en aller définitivement, entraîne l'inspecteur
sur des pistes fausses en avançant des théories
et se rétractant ensuite. Perdu dans le labyrinthe
des quartiers de Tokyo, le détective est amené
à faire toutes sortes d'hypothèses qui n'aboutissent
pas , à partir de la suspicion qu'on a tenté
de se débarrasser de Nemuro. Qui aurait voulu empêcher
sa femme de se prostituer.
Puis le frère de Haru meurt dans une rixe. Et c'est
Tashiro qui menace de se suicider au téléphone,
si l'on continue l'enquête.
Le détective se retire de l'affaire et se fait tabasser
dans le bar où l'on se livres à toutes sorte
d 'activités illicites. Il perd la mémoire à
la suite d'un mauvais coup et vit des expériences éprouvantes
: un quartier où il croit reconnaître des bâtiments
cesse d'exister dès qu'il s'en approche. Il erre au
hasard, dans la ville et la trouve vidée de ses habitants
Considérant les maigres indices qu'il possède
, sur l'homme qu'il recherchait, il s'en sert à présent
pour tenter de savoir qui il est lui-même. Une pochette
d'allumettes. Un numéro de téléphone
.celui de la femme de Nemuro , pense le lecteur ( à
moins qu'il n'ait également perdu la mémoire
?).
Elle vient le chercher : elle lui dira qui il est. Mais ,
c'est une femme de petite vertu, aperçue au bar qu'il
voit apparaître. Il se dissimule.
Le voilà enfin soulagé : il renonce à
en savoir davantage. Il a l'impression de partir sur un chemin
nouveau. :
" A quoi servirait-il qu'on me découvre ? désormais,
j'aspirais à un monde que j'aurais moi-même choisi.
Ce serait mon monde à moi que j'aurais élu librement
".
Commentaires :
Le plan inutilisable de la ville, c'est
aussi la " carte " de la personnalité du
disparu, remplie de quartiers, immeubles, parkings, bars,
anecdotes, photos,
qui sont autant de signes mais pas
de points de repère .Lorsque le détective devient
amnésique, il est semblable à l'introuvable
homme qu'il cherchait.
Les relations entretenues avec les personnes interrogées
sont autant de dialogues de sourds : elles répondent
une question par une autre, ou par une information invérifiable
et qui n'a rien à voir avec ce qui est demandé.
Le détective apprend bien quelque-chose sur les activités
frauduleuses des gens qui entouraient Nemuro. L'enquête
policière est d'ailleurs assez banale, même si
entourée de mystère et de pérégrinations
sans fin sur les lieux que le disparu est censé avoir
hantés. Il s'agit bien d'un individu que l'on a fait
disparaître d'une façon ou d'une autre p arce
qu'il était gênant. Toutefois , l'acharnement
du détective qui se passionne pour une histoire inélucidable
, d'où il ferait bien de se retirer, son goût
particulier pour la fréquentation de gens qui lui paraissent
détenir un secret, pour les lieux inquiétants,
où l'on ne peut plus se repérer, font de l'enquête
une quête. Ce n'est pas une quête d'identité
: c'est au contraire lorsqu'il est sans recours, en pleine
déréliction, que le narrateur semble avoir atteint
un but qu'il ignorait rechercher. Est-ce une opération
suicidaire ? Une quête mystique ?
.on peut faire
différentes lectures.
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les titres |
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LE
RENONCEMENT de VILAIN, Ph.
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Roman |
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Auteur
:Vilain, Philippe (né en 1969). Français.
Année de publication :2002
Edition :Gallimard, 2002
Résumé :
Le narrateur évoque et relate
une liaison qu'il a eue huit ans auparavant pendant neuf mois
environ. .Il était étudiant en lettres , venait
de la province, y avait laissé un père alcoolique,
un milieu social modeste. Auprès de ses condisciples,
il passait pour naïf et un peu démodé.
C'est dans ces conditions qu'il commence à fréquenter
Catherine, vendeuse dans un grand magasin, divorcée,
isolée elle-aussi., âgée de 47 ans ( Il
en a 22.). Ils n'osent pas s'afficher réellement à
cause de la différence d'âge. .Il consent à
cette liaison plutôt qu'il ne la goûte. Catherine
lui paraît l'initiation obligée avec la femme
mûre, et elle " fait jeune ".Le rassure parce
qu'elle n'a pas de culture ( " Ma littérature
l'impressionnait ").L'ennuie aussi ( " le plus souvent,
nous restions assis l'un en face de l'autre sans rien avoir
à nous dire ").°
Progressivement, il s'aperçoit qu'il sort avec Catherine
parce qu'il se sent une dette envers ses parents pauvres et
laissés en province, et qu'il ne s'autorise pas de
relation avec une femme jeune et plus proche de ses goûts
intellectuels. Pourtant cette dette ne fait que grandir :
En effet, Catherine se croit enceinte mais c'est la ménopause
Bientôt, elle tombe en dépression, veut rompre
et il ne la retient pas. D'autre part son père meurt
avec lequel il n'avait jamais eu beaucoup de contacts
Il prend un travail en province dans un bureau, abandonnant
tout prétention intellectuelle, et sort avec une femme
de son âge, Carole, universitaire, se met en ménage
avec elle. Elle est enceinte
.
Retournant au domicile de Catherine, qui a déménagé
; il apprend qu'elle avait fait une tentative de suicide ,
après leur rupture. Se reprochant de ne pas l'avoir
assez aimé, il écrit pour se souvenir d'elle.
Commentaires :
C'est un récit qui parle essentiellement
de la culpabilité et de l'insatisfaction qu'elle engendre.
Le narrateur n'est pas très heureux avec Catherine.
Lorsque la liaison cesse, il se reproche son attitude envers
elle( qui, aux yeux du lecteur n'a rien de répréhensible).
Au lieu de se consacrer à la littérature qu'il
aime, il s'en dégoûte , et va travailler dans
un bureau se faire humilier des années durant par un
petit chef.
Quand à sa nouvelle amie, il la supporte avec beaucoup
de réserves. Leur rencontre : " Une attirance
physique, l'envie de rompre ma solitude, le besoin de changer
de vie. Il n'est pas rare de voir des célibataires,
lassés des aventures ou de l'abstinence, prêts
à prostituer leurs goûts, leurs convictions,
et à troquer leur solitude contre une compagnie médiocre
".Il est mécontent de son bonheur, de son confort
matériel, de l'enfant à venir, tout cela l'écoeure.
Timidement pourtant, il renoue avec la littérature
, pour écrire sur Catherine, certes et s'accuser ,
mais pour écrire tout de même.
Moraliste : c'est un roman d'analyse psychologique, il n'y
en a plus guère , profitons-en. L'auteur se réfère
à " Adolphe " et Benjamin Constant. Il croit
avoir vécu à peu près la même histoire.
De nombreuses sentences parsèment le texte :
" Le bonheur montré et cette sorte de suffisance
béate qui l 'accompagne , m'a toujours semblé
de loin, plus que n'importe quel aveu, impudique, parce que
cette joie, surtout, démesurée à mon
sens, exprimait le vide de sa vie, son absence de projets
personnels, son incapacité à profiter d'une
certaine liberté ".
Cependant , le malheureux narrateur souffre du même
vide que ceux qui affichent leur bonheur d'une façon
obscène. Une telle sentence signe surtout le choix
d'un style d'écriture : sobre, concis, sceptique et
réfléchi.
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MAUVAISES
NOUVELLES de TREVOR, W.
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Nouvelles |
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Auteur
:TREVOR William ( irlandais)
Année de publication :de 1967
à 1990.
Edition :Phébus, (Domaine étranger), 2000.
Résumé :
9 récits brefs publiés
à des dates diverses , réunies sous le titre
" Collected Stories ". Des nouvelles réalistes
, psychologiques, avec des thèmes communs la trahison
, la vengeance, parfois on va jusqu'au tragique.
Ci-dessous, 3 nouvelles.
Mrs SILLY : Michaêl, garçonnet
de neuf ans, va fréquenter la Prep-Scool, d'Elton Grange,
où son père , divorcé le fait entrer.
Il a l'occasion de jeter un regard neuf sur sa mère
qu'il n'avait jamais quittée , qui était tout
pour lui : elle porte des vêtements de quatre sous,
s'habille plus mal que les bonnes, bavarde à tort et
à travers, prend un professeur pour un élève,
confond l'intendante et la directrice,
et la société
est féroce ., Pour sa confirmation, il est content
que ses camarades ne l'aient pas reconnue pour sa mère,
et prétend que c'est une tante dont il ignore la parenté.
Pourtant cette femme a été tout pour lui, l'est
encore
VIRGINS :En visitant la cathédrale
de Sienne, Laura, quinquagénaire, reconnaît son
ancienne amie Margaretta. Leur lointaine amitié reprend
possession d'elles, un instant , leurs couples et enfants
ne comptent plus . laura évoque le passé pour
elle-même, tandis qu'elles bavardent.
Laura était surnommée " vierge sage ",
et Margaretta, " vierge folle "par le père
de cette dernière. Malgré leurs différences,
elles n'en tombèrent pas moins amoureuses toutes deux
à 14 ans de Ralph , plus âgé, atteint
d'un rhumatisme articulaire qui le condamnait à brève
échéance. Après sa mort, Margaretta se
fâche que Laura aille sur sa tombe et lui montre la
correspondance amoureuse qu'ils échangeaient. Laura
se rend compte qu 'elle recevait les mêmes lettres à
la virgule près. Elle n'en dit rien.
Trente -huit ans plus tard, elle n'en dira toujours rien
MISS SMITH : James, un petit garçon
un peu en retard, et trop timide, que l'institutrice a pris
comme souffre-douleur. Lorsque Miss Smith a un bébé
et cesse d'enseigner, James continue à se faire traiter
de " vieux mollasson " par l'ancienne institutrice
qui refuse de lui montrer le bébé. James trouve
le moyen de s'introduire chez elle, et progressivement, il
accumule les petites vengeances jusqu'au drame
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TRISTESSE
ET BEAUTE de KAWABATA, Y.
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Roman |
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Auteur
: KAWABATA , YASUNARI ( 1889-1972°)
Année de publication :1970
Edition : Gallimard
Résumé :
Oki est un écrivain quinquagénaire
marié à Fumiko, dont la seule occupation est
de servir de secrétaire à son époux.
Ils ont deux enfants, Taichiro, professeur de littérature
à l'université de Tokyo, et une fille plus jeune
et dynamique. Il y a vingt-cinq ans de cela , Oki a eu une
liaison avec Otoko, une jeune fille de seize ans. Enceinte,
elle perdit l'enfant à dix-sept ans et tenta de se
suicider. Oki ne put rester auprès d'elle à
cause de la jalousie de sa femme.
Maintenant, il appris qu'Otoko , devenue artiste peintre,
vivait à Kyôto et s'y faisait connaître.
Il sait aussi qu'elle peint dans le style traditionnel et
vit avec une autre femme, artiste également, Keiko,
qui peint dans le style abstrait.
Il part à Kyôto, brûlant de recevoir son
ancienne maîtresse et d'écouter avec elle le
carillon du nouvel an, notamment la belle cloche du monastère
de Chion.
Otoko n'a pas refusé mais elle s'entoure d'un cortège
de protection, son amie Keiko, deux geishas, deux jeunes gens
et le lieu de rencontre pour le dîner est public.
Keiko, qui connaît le passé de son amie , sait
à quel point il pèse sur elle. Otoko ne s'est
pas mariée, elle ne peut oublier Oki, et moins encore
le roman qu'il a écrit sur leur liaison " Une
Jeune fille de seize ans " . Et elle veut peindre son
enfant mort-né qu 'elle n'a jamais vu.
Amitié ou jalousie, Keiko décide de venger son
amie. Avec sa peinture, sa présence, ses insinuations
,ses menaces à peine déguisées, elle
réussit à troubler Oki et sa femme. Et ce n'est
pas encore assez : Tachaîro sera sa proie : jeune homme
innocent, victime désignée et presque consentante,
il se laisse séduire par Keiko, et n'offre aucune résistance
lorsqu'il a compris qu'elle voulait se venger sur lui. Personne
, d'ailleurs ne se presse de le sauver , comme si tout le
monde acceptait ce sacrifice
Commentaires :
On ne trouvera là ni tristesse
ni beauté au sens occidental du terme à moins
de se souvenir que la beauté que d'aucun ont pu trouver
dans les tragédies, et de la tristesse majestueuse
qui s'en dégage. C'est une tragédie , on sait
dès le début qu'il y aura un sacrifice , qui
va jouer le rôle et pourquoi. On suit le déroulement
comme les étapes d'un rituel attendu, participant à
la douleur des personnages : ceux qui consentent au sacrifice,
la victime, et le bourreau également.
On s'intéresse également au monde d'Otoko, à
son attachement mélancolique pour ce qu'elle a vécu
à seize ans, au bébé mort-né qu'elle
ne sait comment représenter. Keiko est son instrument
de vengeance, mais elle sait que cette vengeance ne servira
à personne , ni à elle , ni à Keiko.
Le sentiment cultivé ici par tous les personnages,
et mis en avant, c'est la jouissance, sentiment ambigu, qui
comprend le plaisir et son contraire, et qui ne se limite
pas à la sexualité.
Au service d'un tel sentiment, les personnages entretiennent
des relations intenses et ambiguës les uns vis à
vis des autres, par le truchement d'uvres d'art, de
passions sexuelles, entre autres.
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